Crier haut et fort qu’il y a lien renoué – et surtout renouvelé - avec la peinture animalière, c’est rater le coche. Parce que Clara (ou Lucie, Croquette, Frutzie...) n’est pas un chien – ce n’est surtout pas un motif -, c’est un(e) ami(e). Et c’est par la capture de la petite lumière des prunelles que les choses se disent et se partagent.

Dans la même inspiration, affirmer que Dany Prum renouvelle l’art du portrait est aussi un coup dans l’eau. Les visages qu’elle encadre sont ceux qu’elle renifle, qu’elle sent comme un berger ou un terrier. Et dans ces visages, dans la jouissance de la couleur – des couleurs parfois saturées, souvent surréelles -, dans une tentative d’humour qui a maille à partir avec l’empathie, elle accroche des perles noires ou marron (les yeux qu’elle connaît le mieux, ce sont les siens).

Osons le dire simplement – et sa trajectoire privée et professionnelle (nous allons le voir) le révèlera plus clairement -, Dany Prum est passée de la tête au cœur. D’un exercice technicien à la liberté d’un chagrin d’amour.

Marie-Anne Lorgé

Extract de "Les yeux, ce miroir que l’on dit de l’âme - Portrait sensible de Dany Prum"